Recherche sur les Investissements Fonciers Internationaux

Erich Pacheco, candidat de master en politique internationale de l'environnement

Erich Pacheco, candidat de master en politique internationale de l’environnement

Dans le cadre de mes études en politique internationale de l’environnement au Monterey Institute of International Studies, je travaille avec le professeur Michel Gueldry depuis le mois d’août sur un projet visant à analyser les investissements fonciers internationaux (IFI). Notre approche identifie 15 facteurs (F = 15 car chaque facteur commence par la lettre F) qui résument la raison d’être des IFI. Nous classons les facteurs en trois catégories qui se recoupent partiellement : facteurs sociodémographiques, facteurs économiques et politiques et facteurs géo-environnementaux. Nous utilisons la base de données de Land Matrix en combinaison avec de multiples indicateurs bien reconnus pour procéder à des analyses quantitatives afin d’établir les caractéristiques socioéconomiques, gouvernementales et environnementales des pays investisseurs et des hôtes. D’après nos résultats, les pays investisseurs ciblent des pays avec un faible développement humain et relativement mal gouvernés. Les IFI s’effectuent en particulier dans les pays où le niveau de corruption est élevé, où l’État de droit est peu respecté et où les procédures réglementaires manquent de rigueur. À l’inverse, la plupart des pays investisseurs sont des pays justifiant d’un bon niveau de développement humain et d’une bonne gouvernance, notamment des pouvoirs publics efficaces. De la même manière, les pays hôtes disposent de plus de terres arables par habitant et, plus important, de vastes réserves d’eau renouvelables. Notre analyse révèle des déséquilibres de pouvoir considérables entre les pays investisseurs et les pays hôtes, notamment dans les cas où les gouvernements utilisent des fonds souverains et des entreprises d’État afin de conduire les IFI. En outre, nous constatons que de nombreux pays du Golfe (dont la plupart ne disposent pas de suffisamment de ressources en eau renouvelables) sont des investisseurs fonciers à grande échelle, en particulier dans les pays voisins et dans les pays musulmans. Nous constatons également que de nombreuses économies en transition, comme le Brésil et l’Argentine, investissent largement entre eux. D’un point de vue économique, les pays hôtes ne récoltent que de maigres avantages en termes d’emploi et de transfert de capacités et de technologies. Sur le plan social, les risques sont considérables, notamment l’absence de droits de propriété, surtout parmi les groupes indigènes qui ne disposent pas de titres fonciers délivrés par l’État. S’agissant du bilan environnemental, les IFI affectent considérablement la qualité des services écosystémiques de par leur impact sur l’équilibre socio-économique : les investisseurs tirent un avantage économique sous la forme d’écoproduits tandis que les pays hôtes souffrent de la dégradation de leur écosystème. Les effets négatifs sont circonscrits au niveau local et sont sans conséquence marchande pour les investisseurs. Nous espérons terminer notre recherche à la fin du mois de mars et nous commencerons le processus de publication en avril.

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